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Scène 1 Gens du peuple, RécitantUne place de petite ville, des danseurs, des jongleurs, des saltimbanques, Récitant (qui quitte un groupe et s' avance) : Novalor, en Europe Centrale, oui là, enfin un peu plus au Nord. C'est ça coincé entre...(il est happé par son groupe) Nouvelles danses, nouvelles acrobaties. Récitant (qui rejoint l'avant-scène) : Novalor était un petit état, en paix avec ses voisins, en paix avec lui-même, prospère, gouverné depuis 46 par le Prince Gaspard le Débonnaire. Or,... (Pendant ce discours, la musique s'arrête et le peuple quitte la scène) On amène Gaspard sur un fauteuil, Fernand et Esclarmonde entrent
Scène 2 : Récitant, Gaspard, Fernand, Esclarmonde
Gaspard (sale, hirsute, alité) : Cest moi mais rassurez-vous, je men vais bientôt Récitant : comme il est en train de vous le dire, le vieux Prince Gaspard se mourrait Gaspard : dailleurs, je suis mort (il sécroule) Récitant : la Principauté de Novalor échut à son fils Fernand Fernand : cest moi
Fernand (en désignant Esclarmonde) : cest elle Récitant : vous me laissez finir à la fin! Cette histoire damour qui aurait pu être une bénédiction pour Novalor nétait pas appréciée par tous.
Scène 3 : Récitant, Gaspard, Fernand, Esclarmonde, serviteurs, gardesMariette (traversant la scène) : ras le bol Martin (traversant la scène) : yen a marre La Tulipe (traversant la scène) : la bavure, elle nous guette La Pivoine(traversant la scène) : si ça continue, je me soulève Récitant : vous me laissez finir mon travail, daccord! Oui, les histoires damour dans les principautés, ce nest jamais simple. Notez bien que cela fait vendre des gazettes. Car si le Prince était très beau et la marquise très belle, ils étaient lun et lautre extrêmement bêtes, du genre à pas comprendre le bigdill sil avait été inventé. Esclarmonde : mon Nannand, tu lenvoie au cachot, elle dit du mal de nous! Fernand : ne mappelle pas mon Nannand en public. De toutes façons, les gardes sont déjà occupés à soutirer de largent aux paysans Esclarmonde : pour me payer une nouvelle parure, oh mon Nannand! Récitant : et si vous ne lavez pas constaté, Esclarmonde était aussi très, très pénible. Mais place à lhistoire.
Scène 4 : (Récitant), Fernand, EsclarmondeFernand : que tu es belle avec tes deux yeux! Esclarmonde : je le sais bien et je nai pas essayé sans. Fernand : et que tu sens bon Esclarmonde : ce qu'on sent, ce serait ptete bien lodeur du boudin quon grille en cuisine Fernand : on peut confondre! Esclarmonde : dis, mon Nannand, je peux te demander quelque chose Fernand : mais oui, ma galantine Récitant : la Prince aimait particulièrement la galantine de veau Esclarmonde : demain, je mets mon ensemble bleu : fais mettre des tentures bleu roi dans les couloirs du château Fernand : bonne idée, ma mie mais les punaises ne tiendront pas sur la pierre Esclarmonde : qui te parle de punaises? Nos valets et servantes tendront ces tentures pendant la journées. Et ainsi seront-elles moins abîmées. (geste de réprobation des valets dans son dos)
Scène 5 : les mêmes + Germaine Esclarmonde : bonne fée Germaine, que fais-tu ici? Germaine : bon, jvais tles recouvrir de bleu tes murs pour demain! Esclarmonde : merci, merci, bonne fée, tu me comprends et tu maimes Germaine (en aparté) : je comprends surtout que les malheureux serviteurs auraient eu des crampes. Quelle poison, cette filleule! mais je suis une bonne fée! Encore! Esclarmonde : Viens mon Nannand, on va essayer ta nouvelle couronne. Esclarmonde et Fernand sortent
Scène 6 : Germaine, (Merlin, au ciel)Germaine (sadressant à Merlin) : Oui mon maître, quest ce qui ma pris, il y a 20 ans daccepter dêtre la marraine de cette engeance. Jétais jeune, jétais fière de tenir une marquise sur les fonds baptismaux. Bon dieu de bonsoir, quelle andouille ! Merlin (en coulisse) : Une fée ne parle pas ainsi Germaine : Jaimerais bien vous y voir avec cte greluche! Merlin (en coulisse) : Germaine ! Germaine : Germaine ou pas Germaine, si elle continue comme ça, je me la paie, quitte à avoir un retrait de baguette.
Scène 7 : Germaine, EsclarmondeEsclarmonde (en courant) : Germaine, au secours change cette souris. Germaine : Hoski, hoski, moskito Esclarmonde : Qu'as tu fait ? Germaine : Je te l'ai transformée en moustique. Esclarmonde : Oh, j'aurais préféré un caniche, un moustique, ça pique ! Germaine : Et les puces du caniche, alors ? Mais ce n'est pas pour cela que tu venais ? Esclarmonde : Bonne Fée, ma marraine, pourras-tu changer les carrosses de la ville en citrouille ? Germaine : Tu veux dire les citrouilles en carrosse, toutes le fées agréées peuvent le faire. Esclarmonde : Non, les carrosses en citrouilles, cest bientôt Hallowen et je manque de citrouilles! Germaine : Mais cest grave pour une fée de faire cela. Cest comme si tu demandais à un médecin de rendre malade, à un percepteur de donner de largent, à un prof de faire des antisèches! Esclarmonde : Tu es ma bonne fée. Tu DOIS me combler Germaine : Bon, daccord mais pas plus dune journée et les citrouilles redeviendront carrosses à minuit pile. (elle sort fâchée)
Scène 8. Fernand, Esclarmonde, Le ConseillerLe Conseiller : Marquise, nous avons entendu. Les habitants vont être furieux daller à pied! Esclarmonde : Cela leur fera beaucoup de bien et puis sils crient trop fort, vous en pendrez deux ou trois et les autres se calmeront. Pas vrai mon Nannand ? Fernand : Un bon Prince ne pend pas ses sujets. Enfin les riches car un pendu ne paie plus dimpôts. Mais on les fouettera et on confisquera les carrosses sils protestent. (se tournant vers le Conseiller) et toi le 30 au soir, tu réquisitionnes tous les carrosses! Le Conseiller : Puisque tel est votre désir. (il sort) (la scène est dans le noir puis la lumière revient) |