Cela a abouti à un conte philosophique
où les influences de Tex Avery et de Gotlieb sont beaucoup plus visibles que celle de
Grimm ou de Voltaire : "La Comtesse Rainette"
Acte
1 : La Princesse est transformée en grenouille
Acte 2 : Les
cours de magie et de charmes
Acte 3 : La
grenouille devenue femme
Acte 4 : Mariage
batracio-princier
Acte 5 : Le
Prince rejoint l'étang
Dernier point : le texte ne respecte
toujours pas les détails du scénario, pourquoi ?
- Cela présentait des difficultés de
mise en scène
- J'ai parfois changé la psychologie des
personnages, en particulier Fernand est devenu plus cruel et Rainette moins naïve
- La situation était difficile à
appréhender pour les acteurs pressentis.

Texte de l'acte
Il était une fois (c'est un conte,
alors ça commence comme un conte, après ça peut déraper) un Prince jeune, riche et
beau. Ce Prince qui s'appelait Fernand et que les cours d'Europe nommait déjà Fernand le
Bel (le Beau en plus distingué surtout à l'époque) régnait sur la Principauté de
Novalor qui était active, riche et belle.
Fernand était fou amoureux d'
Esclamonde, une marquise belle, pure et bien élevée.
Tout eut été pour le mieux et on
aurait pu aller se coucher tout de suite si Fernand et Esclamonde n'avaient été aussi
bêtes qu'ils étaient beaux et bien nés. Mais bien bêtes, l'esprit non seulement lent
mais incapable de raisonner même à vitesse réduite. Et de cette bêtise si ancrée
qu'elle ne permet même pas de se rendre compte de ses limites.
Esclamonde, de surcroît, était
pénible, geignarde et tyrannique.
Que cela ait été pénible pour ses
valets, ses servantes et même ses chiens est évident. Mais ceux-ci n'avaient rien
à exprimer sauf à recevoir moult coups de bâtons. Par contre, il en est une qui
commençait à trouver qu'elle exagérait, c'était Germaine, sa bonne fée. Pourquoi me
direz-vous cette fée s'appelait Germaine, simplement parce que n'avait pas pu la nommer
Gustave quand on s'était aperçu que c'était une fille.
Or donc, Germaine en avait assez :
"change cette souris en caniche!", "corrige mes fautes d'orthographe"
(la fée a été pendant longtemps le précurseur du correcteur orthographique),
"emporte moi à Bagdad", "change ce bouc en chippendale" (en cachette
du Prince bien sûr). Cela devenait très pénible. En plus, elle lui demanda de
transformer son carrosse en citrouille la veille d'Hallowen et là, la coupe fut pleine:
demander à une fée de faire cette opération, c'est comme demander à un médecin de
rendre malade son patient, à un banquier de dilapider l'argent ou à un prêtre d'aider
les infidèles.
Mais là où cette coupe déborda,
c'est quand le carrosse fut rendu tout découpé à cause des entailles faites dans la
citrouille pour la décorer! Alors, de rage, Germaine transforma Esclamonde en grenouille,
démissionna du Syndicat des fées et s'acheta une charge de sorcière.
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Texte de l'acte
Le Prince Fernand fut plongé dans des
abîmes de tristesse. Il prit la grenouille et la mit dans un grand bassin où il y avait
plein de grenouilles et crapauds (je sais, le crapaud n'est pas le male de la grenouille
mais à cette époque, c'était le cas!) et dans lequel Esclamonde ne s'ennuierait pas
trop.
Puis comme il était très riche, il
prit une année sabbatique pour aller étudier les transformations magiques à
l'Université de Sorcellerie de Brocéliande. Il fallait normalement avoir quelques
diplômes de diablerie, sorcellerie ou autres magies pour y entrer mais le Prince fit tant
de dons à cette institution qu'on le reçut malgré son manque évident de talent et de
connaissances.
Il y passa toute une année. Ce ne fut
pas un élève brillant et plus d'une fois, il désespéra ses professeurs. Par exemple,
au lieu de télétransporter un individu dans une pièce, il l'envoyait dans un panier à
linge ou une auge à cochons. Au lieu de sortir des lapins des chapeaux, il en extrayait
des vieux journaux ou des chaussettes sales. En un mot, il fut navrant.
Pourtant, au bout d'une année,
il fut quand même capable, avec des efforts, de transformer un humain en batracien et
vice-versa. Pas toujours, pas très bien. Mais enfin, comme c'était ce qu'il était venu
chercher, alors tout était pour le mieux... ou presque.
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Texte de l'acte
Pendant ce temps, Esclamonde s'était
fait une cour dans sa mare en racontant ses histoires du temps où elle était humaine. Et
les grenouilles l'aimaient bien : grâce à elle, plus de pêche car le prince l'avait
interdite de crainte que l'on ne dégustât les cuisses de sa bien-aimée. On dit même
que Verrux, le chef des crapauds, était sensible à son charme. Mais, malgré cette vie
somme toute supportable, elle fut heureuse quand elle revit Fernand qui la prit avec
douceur pour la transformer en femme. Enfin pour tenter de la transformer, parce qu'il
n'était pas particulièrement doué le beau Fernand.
Il suivait mot à mot les notes de
cours qu'il avait prises mais la première fois, elle fut changée bicyclette, la
deuxième fois en gardien de la paix et enfin en fer à repasser. Autant vous dire qu'elle
hurlait de rage, l'ex-marquise. Alors, le Prince eût une idée : il essaierait sur
d'autres grenouilles et quand il serait prêt, alors il pourrait transformer sa marquise.
Mais les autres grenouilles, alertées
par les plaintes d'Esclamonde, ne voulaient pas se laisser prendre pour être changées en
n'importe quoi. Toutes les grenouilles ? Non, il en restait une petite qui s'ennuyait de
sa vie de grenouille, qui s'ennuyait des crapauds baveux, qui s'ennuyait des
pleurnicheries de l'ex-marquise. Alors pourquoi se cacher ?
Et le Prince put essayer sur cette
grenouille ses techniques hésitantes : d'accord, au début, elle fut aussi cuvette,
cochon ou baguette de pain. Mais un jour ...
le Prince réussit et la grenouille
devint une jeune femme mignonne et le Prince, tout heureux, annonça enfin son futur
mariage et s'en alla pêcher sa bien-aimée.
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Texte de l'acte
La petite grenouille, enfin maintenant
la petite jeune femme, ne l'entendait pas tout à fait ainsi. D'abord elle n'aimait pas
son étang, ensuite avoir servi de sujet pour les expériences lui conférait, à son
avis, des droits. Alors, pendant que ce benêt partait à la pêche à la marquise,
l'ex-grenouille enleva une page du manuscrit des cours de magie qu'elle garda. La fée
Germaine la vit bien commettre ce forfait mais amusée, elle se tut. Elle exigea de la
grenouille qu'elle n'utilisât pas ce larcin contre le Prince. Dès lors, tous les efforts
que fit le Prince pour transformer Esclamonde ne purent qu'échouer et la date prévue
pour les noces approchait.
Fernand envoya son meilleur cavalier
pour chercher conseil à l'Université de Brocéliande mais Germaine veillait. Elle
envoûta le cavalier qui se prit pour son caniche.
Et le temps passait et les invités
arrivaient et toujours pas de marquise.
"Comment faire, gémissait le
Prince, et moi qui ai invité tant de souverains. Ils vont se vexer. Ce sera même
peut-être la guerre. Et j'ai si peur!"
La petite grenouille alors s'approcha :
"je peux peut-être vous rendre
service, je ne suis pas aussi jolie que votre marquise, vous me connaissez bien moins mais
vous pourrez avec moi ne pas perdre la face et faire un mariage.
-mais comment te présenter, dit le
Prince
-tu diras que je suis la Comtesse...
Rainette, rencontrée pendant vos études"
Et comme le Prince était à court
d'idée, il accepta celle de la nouvelle Comtesse et le mariage eut lieu.
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Texte de l'acte
La nouvelle princesse plut tout de
suite à la Cour et surtout au peuple. D'accord on trouvait étrange qu'elle reçut
souvent au bord des lacs et des étangs, à moitié plongée dans l'eau. Mais à part
cela, elle était vive, souriante et jamais à court d'idée. Et ceux qui la voyait bondir
pour accueillir les visiteurs trouvaient cela à la fois surprenant et chaleureux.
Mais elle s'ennuyait près de ce
prince, beau peut-être mais qui n'avait ni plus d'esprit ni plus de cur que Verrux,
le chef crapaud de son ancien étang. C'est ainsi qu'elle retrouva par hasard la page du
manuscrit qu'elle avait subtilisée. Elle la lue car elle avait appris très vite à lire.
Et elle lu tout le reste du manuscrit sur les transformations humains-batraciens.
C'est ainsi qu'une nuit qu'il dormait
près d'elle que Rainette se leva sans bruit et fit un onguent qu'elle parfuma de rares
épices. Au matin, elle murmura :
"Oh, mon époux, oh mon Maître,
oh mon Prince, permettez à votre servante de masser votre merveilleux visage"
Fernand qui n'avait guère l'habitude
qu'elle lui parlât ainsi fut flatté et ne se posa point de question. Et en le massant,
elle susurra quelques formules et s'en alla.
Germaine qui avait tout vu demanda à
Rainette :
"Tu sais que tu n'a pas le droit
de faire le mal!
-Ne crains rien, Germaine, au contraire
à la première pluie, il sera beaucoup plus à son aise."
C'est ainsi que Fernand fut transformé
en batracien à la première ondée et, comme il avait disparu, Rainette régna sur
Novalor à la plus grande joie de tous.
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